• EXPOSITIONS PERSONNELLES
  • EXPOSITIONS PERSONNELLES

    2019
    Altera(c)tions - Commissariat Maya Sachweh - Anis Gras - Arcueil - France

    2017
    La Terre-Mère / A Mae Terra - Centro Cultural Adriano Moreira - Bragança - Portugal

    2015
    MATCH - Galerie Incognito - Paris - France

    2014
    Ex aequo - La Générale en Manufacture - Sèvres - Franced
  • EXPOSITIONS COLLECTIVES
  • 2020

    Participation à la Biennale Off d’art contemporain - Kochi - Inde (à venir)
    Exposition au Kremlin-Bicêtre (à venir)
    Résidence artistique à San Francisco - USA

    2019

    Group Show, “While I’m Waiting” - Gallery space at Code & Canvas - San Francisco - USA
    FIAV - Festival International d’Art Vidéo de Casablanca, 25ème édition - Maroc
    Performances à l’EP7 dans le cadre de l’OPLINE PRIZE - Paris - France

    2018

    Instants Vidéo Numériques et Poétiques - 31th - Marseille - France
    FIAV - Festival International d’Art Vidéo de Casablanca, 24ème édition - Maroc
    Festival Still Moving - Théâtre de l’Etoile du Nord - Paris - France
    Nuit Fulgurante - Performance - FRAC Franche Comté/Besançon - France
    Videoformes - Salle Gaillard - Clermont-Ferrand - France

    2017

    Instants Vidéo Numériques et Poétiques - 30th - Marseille - France
    Festival Art Vidéo - Bibliotheca Art Center d’Alexandrie - Egypte
    FIAV - Festival International d’Art Vidéo de Casablanca, 23ème édition - Maroc
    Festival de Performances - Les écritures bougées - Librairie A Balzac à Rodin - Paris - France

    2016

    La femme à la bûche - Underconstruction Gallery - Paris - France

    2015

    Sélection officielle Arte Video Night - MEP - Paris - France
    Performance sonore "Recordatio" - Galerie Vincenz Sala - Paris - France
    Sélection Officielle au Prix Videoformes - Clermont-Ferrand - France

    2014

    Le Corps Numérique - Théâtre Liberté - Toulon - France
    Octobre Numérique - Espace Van Gogh - Arles - France
    Des Corps Compétents ( La Modification ) - Centre d’Art Villa Arson - Nice - France

    2013

    Festival Cinémabrut - Mouans-Sartoux - France
    Festival Still moving II - Jardin d’Alice - Paris - France

    2012

    Un festival c’est trop court - MAMAC - Nice - France

    2011

    Demain, c’est loin - Galerie de la Marine et Villa Arson - Nice - France
    Finissage Bernard Heidsieck - Littoral - Centre d’Art Villa Arson - Nice - France

    2010

    HIC / L’exposition de la forme des idées - Centre d’Art Villa Arson - Nice - France

    2008

    Victor Erice / Abbas Kiarostami : Correspondances - Centre Pompidou - Paris - France
    La place des controverses - Grand Palais - Paris - France
  • PUBLICATIONS
  • 2019
    Artaïs - Article paru dans le N°23 de la revue Artaïs, octobre/décembre 2019 - Texte de Marie Gayet sur l'exposition personnelle d'Esmeralda Da Costa : Altera(c)tions

    2018
    Turbulences Vidéo - revue trimestrielle 98 - janvier 2018 - Chroniques en mouvement : Papales, Fatales, Normales Vidéos (p.17-18) - Texte de Jean-Paul Fargier

    2017
    Jornal Mensageiro de Bragança - setembro 2017 - O desassossego de Esmeralda Da Costa em busca das rais na Mae Terra - Texte de Gloria Lopes no Jornal Vos Tras os Montes - setembro 2017 - “A Mae Terra” ou a harmonia de dupla existencia - Texte de Aida Sofia Lima

    2011
    SEMAINE Volume VI consacré aux diplômés 2011 de la Villa Arson - textes d’Elfi Turpin
  • FORMATIONS
  • 2011 D.N.S.E.P avec les Félicitations du jury à la Villa Arson - Nice
    2009 FAMU - Prague
    2008 D.N.A.P à la Villa Arson - Nice
    2004 Licence de Sociologie / Université René Descartes - Paris 5
  • AUTRES
  • 2019 - 2020 Professeure de vidéo et de performance École d'Art Les arcades - Issy-les-Moulineaux
    2012 - 2020 Assistante son et vidéo de l’artiste Tania Mouraud - Paris
    2014 - 2020 Conception et animation d’ateliers artistiques pédagogiques pour enfants et adultes - Herblay
  • PRIX
  • 2018 Lauréate du prix d’art contemporain online OPLINEPRIZE 2018
    2016 Lauréate du Prix Imaginex - Limoges - France
  • Kevin Gouttegata - 2019
  • Tendue comme un art

    L’artiste Esmeralda Da Costa retrouve la ville de son enfance pour tendre Altera(c)tions à
    Anis Gras, du 4 au 25 octobre, entre elle et le monde.

    Octobre 2000, Arcueil Notre Cité titre : « Le BAC avant la boxe ». Esmeralda Da Costa obtient
    son bac, arrête la boxe en compétition. Elle va tout d’abord puiser en sociologie des outils
    pour comprendre le monde. « Ces études m’ont aidé à solidifier ma pensée. Il m’a fallu un
    temps d’expériences pour concevoir que l’art était envisageable. », retrace-t-elle. Il devient une
    nécessité, elle passe à l’acte et sort diplômée en 2011 de la Villa Arson, école nationale d’art
    contemporain à Nice.

    Des autres à soi

    « La sociologie m’a permis d’analyser le monde, l’art m’a permis d’y faire face !. » Esmeralda se
    passionne pour la vidéo et le son. Elle veut parler de dualité intérieure, elle, fille d’immigrés
    portugais, d’une classe populaire qui s’adonne aux arts. Sur ces tensions planent l’envie de
    mettre en scène le combat contre soi-même. La boxe revient en pleine place. Ses combats
    autobiographiques face caméra convoquent mémoire, transmission familiale, tiraillement
    culturel, identité... « D’où l’importance de mettre en scène et de diriger mon propre corps,
    comme un outil d’expression, telle qu’une couleur pour un peintre, au service de l’émotion » réexamine-t-elle.

    Esmeralda s’embarque une seconde fois pour l’Inde cette année. Elle s’isole pour dialoguer
    avec la nature. Vent, orages, incendies la submergent. Son œuvre s’allonge dans une nouvelle
    direction pour revenir vers son enfance arcueillaise : « Aller vers l’inconnu c’est retrouver
    l’autre-soi. Le voyage questionne et permet le déplacement de soi, d’une pensée, d’un
    regard, d’un objet. Puiser dans l’ailleurs pour revenir à la base. Le retour à soi est essentiel
    pour avancer. Ainsi on peut accueillir l’autre. » ouvre-t-elle une porte.

    De soi aux autres

    Face au gymnase où elle a appris à boxer avec son coach Didier Guillon qui l’entraîna plus
    de 12 ans, l’exposition Altera(c)tions présentée à — « Anis Gras, Le lieu de l’autre, n’est-ce pas
    explicite ? » — est un aller-retour tiraillé entre soi et le monde extérieur. Esmeralda « récolte »
    des photographies qu’elle numérise et recompose pour questionner l’environnement : « La
    nature est déjà dans la nostalgie d’elle-même. C’est une problématique propre à notre instant
    de société. Les artistes sont des transmetteurs. Ils sont un réceptacle du monde qui les
    entoure et par leurs émotions transformées (via l’œuvre) ils partagent leurs regards et
    leurs impressions avec le public. » Esmeralda découpe et interroge aussi les médias,
    journaux, discours puis mixe des enregistrements sonores et des rapports humains qui se
    distendent de technologie : « les voix ont déjà quelque chose d’obsolètes ».
    Le spectateur qui déambule devient partie prenante de l’œuvre. « On fait partie d’un tout qui
    partage les mêmes angoisses. » Le corps redevient social et Esmeralda revient à la sociologie :
    « Je n’en ai probablement pas trouvé le sens tout de suite. Chaque expérience sert la prochaine ». et Elle tend un pont entre deux causes : « Il ne s’agit pas de combat militant mais de d’engagement artistique corps et âme. J’ai la phobie de l’inaction. L’action c’est la lumière dans laquelle s’étendent les possibles. »

    ANC - 10.2019 - Kevin Gouttegata, journaliste
  • Marie Gayet - 2019
  • Article paru dans le N°23 de la revue Artaïs, octobre/décembre 2019

    En attendant que le vent tourne, si le titre du triptyque vidéo présenté dans l’exposition d’Esmeralda Da Costa, sur un commissariat Maya Sachweh, est l’expression d’une situation réellement vécue lors d’une résidence dans le Kerala - car il a soufflé le vent, allant jusqu’à casser un de ses objectifs et la contraignant à filmer selon un seul angle de vue – il traduit également les nouvelles pistes de ses dernières œuvres, dont certaines sont créées spécialement pour l’exposition Altera(c)tions à l’espace d’art d’Anis Gras : un regard davantage porté sur la nature et l’environnement, ouvrant sur de nouvelles perceptions.
    En effet, jusque là, l’artiste, diplômée de la Villa Arson en 2011, et assistante de Tania Mouraud, nous avait habitués à des œuvres plus « combatives », que ce soit dans ses vidéos ou dans ses performances. Elle y mettait le corps (le plus souvent le sien) au défi de lui-même dans une relation duale, la pratique de la boxe à haut niveau n’étant pas étrangère à ce langage corporel « rageur ». Ainsi on a pu la voir en short immergée dans une piscine ou dans une robe rouge, boxer contre son double, aussi exaspéré qu’elle. Dans la vidéo #jetenveux à la bande son répétitive, une seule main filmée en plan serré, malaxant la peau d’un ventre et se refermant en poing suffit à exprimer le ressentiment et sa propagation virale (lauréate de OPLINE PRIZE 2018).
    Mais après deux voyages en Inde, déterminants dans sa manière de se ressentir au monde désormais, son travail opère un tournant. Il faut dire qu’au retour du premier, elle se fait voler son sac avec toutes ses images, un véritable traumatisme, dit-elle « C’est comme si mon regard, avait disparu » et que c’est l’intention de refilmer les images perdues qui motive son deuxième voyage, intention qu’elle abandonne très rapidement à son arrivée, comprenant qu’il est vain de chercher à refaire ce qui n’est plus. L’autre n’est plus un alter ego avec lequel on ferraille mais un autre, à la fois corps naturel, corps social, corps faisant partie d’un tout, corps à qui on laisse sa place.
    Ses œuvres récentes rendent compte de la fragilité d’un corps-monde qui s’altère. Une série de linogravures en noir et blanc, médium en- core jamais exposé, montre des scènes d’actualité, des sujets de société. La manière directe de les traiter contraste avec la complexité de ses installations vidéos et sonores ou les étranges fantasmagories végétales de la série Cose Naturali. Il s’agit pourtant du même processus, fait d’assemblages, de collages et de superpositions de sources diverses, par lesquelles entrent en résonance la présence et la disparition, l’intime et l’universel, l’un et le multiple, le réel et le virtuel, et l’extraordinaire synergie à l’œuvre dans la vie. A l’égal de celle qui fait courir Esmeralda Da Costa, à la fin des vidéos, prête à passer à l’action, et en hors champ rencontrer l’autre. Là où il est, aux origines d’Anis Gras, une ancienne serre et distillerie fondée par le botaniste Raspail, là où il résonne, dans la poésie de Fernando Pessoa, mémoire sensible comme poussée des gravats, là où elle retrouve sa propre histoire.
    Elle l’a entendu, le vent traverse le temps.

    https://artais-artcontemporain.org/

    Marie Gayet, commissaire d’exposition et critique d’art
  • Marianne Derrien - 2019
  • Si l'image est chevillée au corps d'Esmeralda Da Costa, c'est toujours une image double et en duel avec elle-même. Car, la dualité est au cœur de ses œuvres, celle des origines avec la mémoire familiale, celle de son propre corps qui se débat entre effort physique et défi personnel. Ayant pratiqué la boxe à haut niveau, c'est un bel hasard que cette exposition personnelle se situe en face du gymnase dans lequel elle s'entraîna pendant de longues années. Diplômée de la Villa Arson, Esmeralda Da Costa a conjugué dès le début de sa pratique l'image et le son qu'elle a mis ex aequo pour reprendre le titre d'une de ses installations que j'avais découverte à la Générale en Manufacture de Sèvres en 2014. Défiant son propre corps, l'artiste esquisse une œuvre autobiographique à travers des installations, des vidéos et des environnements sonores. En lien avec sa propre histoire mais loin d'oublier l'autre, son attention se tourne toujours vers celui ou celle qui regarde et qui expérimente ses œuvres.
    Comme le précise l'écrivaine Annie Ernaux, « l'intime est encore et toujours du social, parce qu'un moi pur, où les autres, les lois, l'histoire, ne seraient pas présents est inconcevable », Esmeralda Da Costa questionne l'histoire de la transmission familiale à travers nos déracinements et nos difficultés à nous adapter à ce qui ne nous est pas familier. Un air d'insoumission souffle car il reste toujours le souvenir fané d'un monde englouti par nos mélancolies et nos peurs. Pourquoi et comment contrôler ce désordre du monde ? Pour cela, il fallait « sortir de ce corps, le quitter » précise-t-elle, car Esmeralda Da Costa avait en effet touché à une limite, celle du corps performé. Sans perdre un rapport physique aux choses qui l'entourent, cet épuisement du corps lui permet désormais de repenser tant la relation de l'humain avec la nature que le sentiment d'attachement voire d'enracinement que nous ressentons. Pour cette exposition personnelle, elle mène une nouvelle recherche sur la disparition, celle d'une nature qui se délite et se déchaîne parfois mais qui se transforme constamment. L'enjeu est toujours celui des limites que la nature peut supporter avant sa disparition dans une société accoutumée à la dominer.
    Cherchant une mémoire collective dans cette mémoire individuelle, Esmeralda Da Costa réinvestit la thématique de la nature morte à travers des collages et des superpositions d'images de nature, d'herbes folles plongées dans une noirceur presque apocalyptique. Suite à une résidence en Inde cette année, elle réalise un film, projeté en triptyque, sur une nature dramatique dans laquelle son corps fusionne avec les images telle une métaphysique du mélange si chère à Emanuele Coccia dont La vie des plantes affirme que tout organisme vivant produit le monde. À l'aune de cette réflexion sur la nature remettant en cause la responsabilité de l'humain, l'artiste interroge également notre rapport à la technologie. Une de ses récentes installations est une flore sonore où nature et technique se confondent. Câbles et haut-parleurs jalonnent les espaces qui nous invitent à entendre des messages vocaux qu'elle compile et archive depuis plusieurs années. Grâce à ce patrimoine immatériel et intime, cette bibliothèque de paroles agit contre l'oubli et l'effacement à venir. Ces voix sont les derniers souffles d'une communication au-delà des mémoires vives de nos appareils. Notre rapport à l'information véhiculée par les images est également convoqué à travers une série de gravures en noir et blanc. Elle les agence à partir de coupures de journaux qu'elle redessine et confronte. Les traits parfois naïfs de ces dessins rappellent les théâtres d'ombres ou les silhouettes en papier découpé qui télescopent des scènes du quotidien avec des tragédies contemporaines. Être traversée par le monde, serait-ce une manière pour Esmeralda Da Costa de se confronter de nouveau à elle-même ? En alliant sciences naturelles et sciences humaines, ses œuvres sont un souffle qui se compose des langages de la nature, là où toute chose commence à respirer.

    Marianne Derrien, commissaire d'exposition et critique d'art
  • Maryline Robalo - 2017
  • De l’artiste Esmeralda Da Costa on connait essentiellement ses vidéos. Nombreuses d’entre elles articulent des images construites et/ou volées, dans lesquelles son propre corps ou ceux de proches deviennent les protagonistes de scènes narratives qui avoisinent l’art de la performance. En faire le récit reviendrait à écrire une phrase concise, efficace et percutante où fusionnent réalisme et senti- ment d’étrangeté. Immergée dans l’eau d’une piscine, une femme entreprend un duel avec son double, (Waterbox, 2014) - Assis face à face, deux personnages identiques s’engagent dans une joute verbale utilisant une langue inconnue de tous, (Alterc Ego, 2008).
    En exploitant les possibilités du médium vidéo de transcender les capacités et dispositions du corps physique (répétition frénétique et déploiement outrancier d’un cri, multiplication vertigineuse d’une même image, etc.) et celles du corps social (exercer une autorité sur sa mère, etc.), l’artiste explore les contenus multiples de son être et de son environnement relationnel immédiat. Elle s’emploie à la manière d’une foreuse dans un tunnel minier à percer la multitude de strates constitutives de la généalogie, à entendre ici comme la géologie de l’être, dont les trois instances de la psyché déterminées par Sigmund Freud, les ça, moi et surmoi composent la structure. De cette manière, elle ouvre la porte à “ (...) des espaces parallèles qui agissent comme les métaphores d’une vie intérieure, de la mémoire ou de l’inconscient.”1.
    Dans O Grito (Le cri, 2014), on retrouve alors Esmeralda Da Costa vêtue de cette tenue noire caractéristique des veuves portugaises, poussant un cri déchirant au coeur de cette forêt du nord du Portugal dans laquelle elle est plongée. En résonance à l’écho du cri qu’elle pousse et à l’endroit de son visage vient se superposer l’image du visage de sa mère, criant, elle aussi. Impossible alors de ne pas penser au cri d’Edvard Munch et à ce mouvement qu’aura été le symbolisme, caractérisé par son souhait d’exprimer l’angoisse, de s’interroger sur le sens de la vie et d’explorer les profondeurs de l’âme humaine.
    Devant les vidéos ou pris dans les installations immersives qui les diffusent, il nous est impossible de dire qui, de l’image ou du son accompagne l’autre. Difficile de se prononcer sur les commencements des récits offerts par l’artiste, de tenir pour responsable l’un d’eux d’avoir engendré l’autre, le précipitant dans un monde aux profondeurs abyssales. On sait seulement que de son ventre resurgissent des bribes de portugais, la langue maternelle des parents de l’artiste, qu’il charrie dans sa houle des commentaires radiophoniques à propos des attentats survenus en novembre 2015 à Paris, où l’artiste est née, vit et travaille. L’inconscient les retenaient. Tour à tour lieux de culte, mémoire et de création, les voies et territoires sonores dont nous prenons les chemins abolissent les frontières du temps passé et présent.
  • Elfi Turpin - 2011
  • Les recherches plastiques d’Esméralda Da Costa s’organisent autour de pièces sonores et de vidéos qui combinent enregistrements du réel, improvisation et narration.

    Sa vidéo Alterc Ego est à ce titre significative.Elle met en scène deux hommes assis face à face. Séparés par une table, ils s’engagent dans une joute verbale dans une langue faite d’onomatopées que l’on ne comprend pas immédiatement.

    En fait de deux hommes, il ne s’agit que d’un seul, en miroir, en train de dérouler un langage musical - un batteur de jazz qui improvise et joue vocalement un morceau qui va crescendo. La scène prend rapidement la tournure d’une altercation.

    Les enjeux de travail d’Esméralda Da Costa apparaissent ici assez clairement : faire entrer des fragments du réel (son, image, qualité performative d’un personnage) dans un système d’improvisation qui va permettre d’approcher des questions d’ordre psychologique et ouvrir des espaces parallèles qui agissent comme les métaphores d’une vie intérieure, de la mémoire ou de l’inconscient.

    Elfi Turpin,
    Commissaire indépendante et critique d'art.
  • Manon Gingold - 2014
  • Un sac de boxe en guise de prologue: nous sommes ici sur un ring. 
    Commençons par dire qu’Esmeralda Da Costa a pratiqué la boxe à haut niveau durant douze ans tout en étant batteuse : dans l’exercice de ce sport de combat comme dans celui de l’instrument de musique, rien n'est laissé au hasard. La précision du geste et le sens du timing sont des fondamentaux que l’artiste réincorpore et se réapproprie dans son approche de la vidéo. 
    Recouvert d'une surface réfléchissante, le sac de boxe est ici transformé en sculpture flottante, en miroir déformant suspendu. Dès l'entrée, le sac instaure ainsi un rapport frontal avec le spectateur : en lui renvoyant son image, il provoque la prise de conscience de son corps au sein de l'espace, et l'incite potentiellement à l'affrontement. Et tel un métronome monumental, l'imperceptible mouvement de balancier du sac annonce déjà le tempo qui va rythmer le parcours visuel et sonore de l'exposition. 
    Les trois premières vidéos montrent Esmeralda Da Costa elle-même dans des lieux génériques, choisis au Portugal et en France. Un parking, une piscine municipale, une forêt. Symboliques autant que banals, ces"lieux communs", à la fois nulle part et partout, servent de cadre à de courtes saynètes proches de la performance. Ce corps, mis un instant sous pression, génère des situations de tension extrême, dont on s'extrait comme on s'éveille après un mauvais rêve. Agressif/passif. Hurlant/silencieux. Ascenseur émotionnel. Des forces contraires semblent animer ce personnage, tantôt double, tantôt triple, sorte d'avatar psychologique enfoui, fantomatique. 
    La quatrième vidéo, dernier pan de l'exposition, est intitulée Ex Aequo. Elle a été tournée in situ, à la manière d'une mise en abîme, dans la salle d'exposition vide et lumineuse. Contrairement aux vidéos précédentes, le contexte est clairement identifiable. C'est ici un rapport noir/blanc qui se joue entre la salle claire "d'avant" et la salle sombre "d'après". Le personnage créé par Esmeralda Da Costa erre, attend, se dédouble, s'agite, comme conscient des confrontations qui vont avoir lieu ici-même. Un jeu de miroir imparfait, semblable à celui du sac de boxe “miroir”, se met en place entre le personnage et le spectateur, qui partagent un temps le même espace, mais à deux moments distincts.Le montage minutieux de l’image et du son – démultipliés, superposés, saccadés – orchestre la chorégraphie et l’équilibre instable de ce corps à la fois intime et étranger. 
    EX-AEQUO est la première exposition personnelle d'Esmeralda Da Costa. Née en 1982 à Paris, elle est diplômée du DNSEP de la Villa Arson à Nice.

    Manon Gingold,
    Commissaire indépendante.

Esmeralda DA COSTA

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